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Cinq enfants, huit boutiques: Un succès story sucré

18/07/2016 Isabelle Racicot

Accoucher de cinq enfants et de huit cafés en treize ans, sans avoir de cernes ni de rides apparentes, c’est ce qu’a accompli jusqu’à maintenant Juliette Brun, 35 ans, la femme derrière le succès Juliette & Chocolat.

Dès les premières minutes de notre rencontre, son énergie débordante m’a charmée. Cette femme chaleureuse me raconte qu’elle est à moins de trois semaines de son accouchement et que sa marmaille est partie en vacances, ce qui lui permet de faire le ménage de la maison, écouter le silence (chose rare avec quatre enfants dans une maison !) et surtout, de travailler sans culpabilité.

Cette bosseuse acharnée est tout aussi passionnée par son métier, aujourd’hui, qu’à 22 ans, lorsqu’elle est sortie de l’Université McGill en 2003 et qu’elle a fondé son premier Juliette & Chocolat avec ses petites économies.

Voici mon tête-à-tête avec une femme déterminée qui croque dans la vie.

Juliette, comment tu réussis à gérer quatre, bientôt cinq enfants et une entreprise florissante ?

Je pense qu’il faut être ultra zen (rire). On se met tellement de pression, nous les femmes, pour être parfaite partout. Il faut accepter d’être imparfaite partout. Par exemple, les trucs qui traînent quand je rentre à la maison me dérangent, mais j’ai décidé de vivre avec et je me dis que je les rangerai plus tard, demain ou après-demain. C’est la meilleure façon pour ne pas perdre la tête.

Est-ce que tu t’es imposé une discipline particulière, comme terminer à 17 h tous les soirs pour être à la maison avec les enfants ?

Oh, mon Dieu ! pas du tout. On n’a pas de routine à la maison. Des fois, on soupe à 18 h (et dans ce temps-là, on se félicite) et de fois, on soupe à 20 h. Les enfants ont une capacité d’adaptation merveilleuse et je vous assure que mes enfants sont équilibrés (rire.) On y va comme on peut. On n’a pas de famille au Québec non plus, alors on doit s’arranger seuls mon mari et moi. (En passant, son mari travaille avec elle pour la compagnie.) C’est certain que mes enfants nous ont forcés à prendre un certain rythme parce qu’autrement, on travaillerait tout le temps, j’aime ça. En fait, pour être honnête, grâce à mes enfants, j’ai une vie beaucoup plus équilibrée (rire).

De façon générale, on ne travaille pas quand les enfants sont réveillés. Une fois qu’ils sont couchés, on reprend nos activités professionnelles. Moi, je suis quelqu’un de la nuit. Je me couche souvent vers 2 h. Je suis chanceuse, je n’ai pas besoin de beaucoup de sommeil, quatre à cinq heures me suffisent.

Dès le début de Juliette et Chocolat, tu avais dans l’esprit de ne pas ouvrir qu’un café, mais tu voulais développer une gamme de produits, et une marque. Est-ce qu’il faut nécessairement avoir des idées de grandeur pour réussir en affaires ?

Non, je ne pense pas. Je pense qu’il faut savoir ce que l’on veut quand on commence. Je trouve ça merveilleux ceux qui ont un petit commerce et veulent simplement faire assez d’argent pour vivre confortablement et avoir une vie simple. Plus on grossit, plus il y a des complications qui viennent avec l’expansion. Moi, je sais que je veux toujours apprendre, essayer de nouvelles choses, j’aime les défis. Chaque étape de la croissance est différente et tout aussi stimulante. Au bout du compte, je pense qu’il faut être heureux. Il y a tellement de stress qui vient avec monter une entreprise. Il faut que ce soit une passion.

Souvent quand on parle de l’entrepreneuriat on parle d’obstacles, mais qu’est-ce qui a été facile pour toi ?

Bonne question. Je pense que notre perspective dans la vie y est pour beaucoup parce que ce qui pourrait être perçu comme un obstacle pour quelqu’un, peut-être vu différemment par une autre. Je suis quelqu’un de positif et j’ai tendance, face aux problèmes, à me dire OK, quelle est l’option B, C ou D ? Tout a été facile dans le sens que j’ai une nature qui s’adapte bien aux obstacles, au changement, etc. Mais ça reste un défi parce que c’est beaucoup de stress. Il faut avoir les reins solides.

Il faut être capable de contrôler ses émotions et voir plus loin que les petits problèmes de la journée ou du mois. Il y a aussi un aspect chance dans la réussite. Tu sais quand les bonnes personnes sont placées sur notre route au bon moment pour nous permettre d’avancer.

À l’inverse, qu’est-ce qui a été difficile ?

La fluctuation des journées. Avoir une entreprise, c’est accepter d’être dans des montagnes russes tout le temps. Il y a des journées euphorisantes ou tout va bien et d’autres, où l’on a l’impression que tous les problèmes nous tombent dessus.

Depuis 2003, est-ce qu’il y a eu des remises en question ?

Non, pas du tout. J’ai toujours eu le même cap. Je suis vraiment bien, les enfants vont bien. Oui, c’est sûr que des fois, je me dis « Si j’étais une employée avec un poste plus stable, qui me demandait moins d’heures, moins de stress... », mais rapidement je trouve ça plus complexe avec des enfants. Je ne sais pas comment mes amies font !!!! C’est tout un défi de jongler travail et enfants. Moi, si j’ai un enfant malade ou qu'il y a un jour férié, je peux les traîner au travail avec moi ou ne pas rentrer travailler. Finalement, je trouve ma situation plus facile.

Qu’est-ce que ça prend pour réussir ?

  1. Être zen.Être très organisée : il ne faut pas papillonner. Il faut placer nos priorités dans le bon ordre. C’est très important.
  2. S’intéresser aux chiffres : je suis chanceuse, j’adore et je comprends la fiscalité (son père est un économiste.) Si l’on n’aime pas cela, il faut s’entourer d’un bon comptable. Les chiffres parlent.
  3. Un bon avocat : c’est tout aussi important qu’un bon comptable (rire).
  4. Il faut être solide : il ne faut pas se laisser abattre facilement par les contretemps.
  5. Il faut avoir une vision à long terme.

Est-ce que tu as un « mood board », un « vision board ».

Non, je n’en ai pas, mais mon mari en a un ! À chaque fois, je me dis que je devrais m’en faire un, mais je ne me suis jamais rendue là :) Mais il y a des gens qui m’inspirent : Howard Schultz (CEO de Starbucks), Walt Disney, mère Teresa, etc. J’aime les personnes visionnaires qui sont aussi des leaders incroyables. J’aime lire et m’inspirer des gens qui ont des influences positives.

Il faut trouver son équilibre. Je pense que je suis quelqu’un de curieux. J’essaie toujours de voir ce que je peux apprendre de chaque situation. Parfois, ce sont des trucs vraiment simples, mais j’évolue et je veux toujours apprendre.

Ton plan dans 5 à 10 ans ?

Là, on est en période de croissance, une croissance plus accélérée qu’au début. Je dirais qu’on aimerait avoir 20 à 40 succursales en Amérique du Nord. Nous n’avons pas de franchise et je ne veux pas m’endetter non plus. Je suis très conservatrice dans ce que je fais. Je veux une croissance organique sans ajouter un stress de plus à ma famille. J’ai quand même (bientôt) 5 enfants. Il faut que je pense à leur bien-être. Mon mari et moi travaillons ensemble et nous voulons aussi être présents pour nos enfants.

Et au niveau des enfants ? La croissance sera-t-elle aussi grande ?

(Elle éclate de rire.) Mon mari veut 6 enfants. Je suis ouverte, mais on verra. Je vais accoucher du 5e pour commencer.

Juliette aura donc un accouchement simultané, son 8e café situé au marché Jean-Talon dont l’ouverture officielle est prévue pour le 20 juillet et un 5e enfant (on ne connait pas le sexe) prévu pour le 1er août.

Si vous avez la dent sucrée et que vous arrêtez dans un café Juliette & Chocolat... voici ses coups de coeur:

  1. Petit pot au citron 

  2. Rocher Praliné

  3. Sandwich à la crème glacée