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Comme si c'était hier

23/05/2018 Isabelle Racicot

Même si ça fait déjà plus trente ans que c’est arrivé, dans ma tête, c’est encore comme si c’était hier. C’est bizarre parce que je me plains souvent de ne plus avoir de mémoire, de ne retenir que l’information nécessaire (et ça, c’est un point encore discutable) et pourtant, les événements du 14 février 1985 sont encore frais dans ma mémoire.

Je revois mon père arriver de l’hôpital où il avait passé la nuit. Il est entré dans la maison, les yeux aussi rouges que son chandail de laine Lacoste qu’il portait à ce moment-là.

Cette image de moi à 12 ans, dans l’escalier, qui attends que les mots sortent de sa bouche, des mots que je ne veux pas entendre, mais qui, je le sais, sont inévitables, me hante encore. Après un grand respire, la tête basse, il m’a dit avec la plus grande tristesse du monde : « Elle est morte ce matin ».

C’est comme cela qu’à 8 h 30, le jeudi 14 février 1985, je suis devenue orpheline de mère, tout comme mes frères Martin (11 ans) et Mathieu (6 ans). Mon père, veuf à 37 ans avec 3 jeunes enfants !

C’est fou comme un événement comme celui-là nous marque à vie. Il nous forge, change notre trajectoire. Il façonne la personne que nous devenons, pour le meilleur et pour le pire.

Ma mère, France Paquette Racicot, a reçu un diagnostic de cancer du sein à 34 ans. Elle aura vécu avec cette maladie pendant 3 ans. Ma maman fut un exemple de courage, de persévérance et de force de caractère exceptionnelle. Elle nous a légué à mes frères et moi, le goût de nous battre, peu importe l’adversité.

Je suis convaincue d’une chose. Si ma mère recevait aujourd’hui le même diagnostic que dans les années 1980, elle survivrait à son cancer. La recherche a beaucoup évolué depuis ce temps et le taux de mortalité a maintenant chuté de 44 % depuis le milieu des années 80.

Malgré cela, les statistiques demeurent élevées : une femme sur 8 recevra un diagnostic de cancer.

Parce que j’ai vécu avec une mère malade qui passait beaucoup de temps à l’hôpital et qui n’avait plus l’énergie pour jouer avec nous comme elle le souhaitait. Parce que j’ai survécu au tsunami qui chavire nos vies et qui anéantit nos repères quand un parent décède. Parce que j’ai appris à apprivoiser la peine qui reste, peu importe le passage des années, je suis contente de participer à La Course à la vie CIBC.

Je comprends ce que bien des femmes et des hommes atteints de cancer peuvent vivre. Je comprends aussi ce que cela signifie pour l’entourage. Je me réjouis à l’idée que moins d’enfants sont laissés dans le deuil, grâce à l’avancement de la recherche et du dépistage.

J’espère que vous vous joindrez à moi le 30 septembre prochain. Que vous soyez à Montréal, Québec, Val-d’Or ou Sherbrooke, ensemble, nous allons courir ou marcher pour amasser des fonds et permettre à plus de gens de vaincre le cancer du sein. 100 % des fonds recueillis le 30 septembre dans les 4 emplacements de la Course seront investis au Québec. Pour aider votre sœur, votre amie, votre mère, votre enfant, inscrivez-vous!

Hâte de vous y retrouver,