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Depuis que la malchance s’invite dans mes vacances

11/07/2016 Nathalie Hébert

Ça, c'est la p'tite face de maman heureuse que j'avais l’an dernier quand on est parti en vacances. C'était avant qu'on se fasse fouiller aux douanes, qu'on se tape 17h de route à la grosse chaleur, les fenêtres grandes ouvertes et les cheveux au vent parce que l'air climatisé était brisé, que les p'tits passent leur temps à se picosser et à chialer que c'est loooong et que ma fille se vomisse le corps dans l'auto.

Au moment où on a pris la photo, je ne me doutais pas non plus qu’on aurait droit à un dégât d’eau majeur dans la roulotte, qu’on se retrouverait sur la trajectoire d’une tornade (oui, oui, une vraie !) et qu’on passerait les deux premiers jours des vacances à se chicaner et à se taper sur les nerfs. Il faut dire que dans notre cas, passer d’une maison de douze pièces à une minuscule roulotte, ça ne se fait jamais sans heurt.

On peut se le dire, c’est du sport, les vacances! Et c’est particulièrement vrai quand la malchance s’invite.

D’aussi loin que je me souvienne, on a toujours été malchanceux en vacances. Avant moi, mes parents ont fait partie de la malédiction. Je me souviens, entre autre, de vacances familiales particulièrement éprouvantes où, en dix jours, on a réussi à avoir un accident de voiture, faire voler nos vélos et le porte-feuille de mes parents, perdre les lunettes de mon père (qui ne voyait absolument rien sans) et être admis à l’hôpital en raison d’une piqûre d’araignée venimeuse. Mais le clou de ces vacances, ça a été l’épisode de l’hélicoptère.

Ma mère avait consenti au camping, mais avait exigé une chose : avoir une toilette portative dans la tente, afin d’éviter qu’elle ait à se lever et à marcher seule dans le bois en pleine nuit pour aller aux toilettes. Quand tu te lèves trois fois par nuit, la toilette portative, ce n’est pas un luxe, c’est un must. On avait donc une grande tente, avec, au centre, un panneau qui la séparait en deux de manière à ce que parents et enfants aient chacun leurs quartiers.

Une nuit, mon père se trouve pris de diarrhée. Il y va une fois, deux fois, trois fois. La quatrième fois, il demande à ma mère si elle préfère qu’il aille s’installer dehors, ce à quoi ma soeur, ma mère et moi nous empressons d’acquiescer; il fait trente degrés et l’odeur, dans la tente, est insupportable.

Mon père se retrouve donc dehors, à trois heures du matin, à se vider le corps, assis sur la toilette portative (un siège perché sur un support métallique chambranlant auquel on suspend un sac en plastique), flambant nu, les boxers refoulés aux chevilles.

On trouvait déjà ça drôle. C’était avant qu’un hélicoptère ne surgisse de la forêt et s’arrête juste au dessus de mon père, l’éclairant d’un projecteur si puissant qu’il aveuglerait n’importe qui. L’appareil vole si bas que c’est tout juste s’il ne touche pas aux arbres. Traqué, nu et pris au piège, mon père n’ose plus bouger, tandis que l’hélicoptère fait du surplace au dessus de sa tête.

Dans la tente, ma mère, ma soeur et moi, on ne rit plus. On se roule à terre, pliées en deux. On pleure. On braille. On se tape sur les cuisses et on ne se peut plus d’avoir mal au ventre et aux joues. RIEN n’aurait pu mieux conclure nos vacances de « marde ».

La scène a duré quelques minutes, jusqu’à ce que l’hélicoptère décide de poursuivre son chemin et que mon père puisse réintégrer la tente. On apprenait, le lendemain matin, que les autorités recherchaient un patient qui s’était évadé de l’hôpital psychiatrique situé non loin de là.

Des histoires comme ça, j’en ai des dizaines. Plus jeune, ma mère se plaisait à dire que les mésaventures, ça faisait de « l’agrément » et qu’on se construisait des souvenirs. Vingt ans plus tard, je suis obligée d’avouer qu’elle avait raison. Étrangement, je ne me souviens d’aucune vacance parfaite. Mais parlez-moi de la fois où ma roulotte a pris feu quelques heures à peine avant le grand départ ou de la fois où on est parti en vacances en oubliant la porte de la maison grande ouverte. Parlez-moi de cette croisière où nous avons raté tous nos vols et le départ du bateau en raison de la tempête de neige du siècle. De nos bagages, qui ne sont jamais arrivés à destination. Et de ce souper du capitaine où les femmes rivalisaient de beauté avec leurs robes longues tandis que moi, enceinte, incapable de me procurer de nouveaux vêtements à la boutique du bateau, j’ai dû me contenter de porter le t-shirt XXL que notre transporteur Carnival m’avait gracieusement donné et sur lequel était inscrit « I have a Ph.D in fun ».

C’est vrai. Au fil des années et des malchances, ma famille et moi avons obtenu notre « Ph.D in fun ». En vacances, nous avons toujours réussi à nous amuser, malgré les embûches.

La première semaine de nos vacances en Floride se termine et je me répète cette maxime comme un mantra alors que depuis lundi, dix fois, au moins j’ai eu envie de tout « paqueter » et de rentrer à la maison pour mieux envoyer les enfants au camp… Vraiment pas de chance que le douanier se soit contenté de confisquer mes trois piments… Me semble que j’aurais eu deux petites bêtes de compagnie à déclarer!

5 conseils pour survivre aux vacances

  1. Sur la route, on occupe les enfants

    Il n’y a rien de pire que d’entendre les enfants se quereller et se lamenter que c’est looong. Avant de partir, on prépare un sac à dos pour chacun dans lequel on aura pris soin de glisser livres, crayons, cahiers d’activités, grignotines et friandises. On remplit également les ipad de films et on prend soin d’apporter une paire d’écouteurs pour chaque enfant.

  2. On lâche prise

    On est en retard sur l’horaire ? Les enfants n’ont pas dîné ? Ils ont bu de la liqueur, mangé trop de bonbons et se sont couchés trop tard sans s’être lavés ? Qu’à cela ne tienne ! Les vacances, c’est fait pour lâcher son fou. Du coup, la routine n’existe plus et les horaires non plus.

  3. On dédramatise

    On pense à tous ceux qui n’auront jamais la chance de prendre de vraies vacances et qui restent à Balconville année après année et on s’estime chanceux. Ça ne se passe peut-être pas comme on le souhaiterait, mais on essaie de dédramatiser la situation en se disant que ça pourrait être pire!

  4. On rit de sa malchance

    On n’a pas le coeur à rire ? On s’y oblige! On sourit en tenant un crayon entre ses dents pendant deux minutes ou encore on répète, dix fois de suite, à haute voix, le mot « Youpiiii! ». En groupe, c’est encore mieux! Chez moi, c’est le truc infaillible pour redonner la bonne humeur aux plus petits comme aux plus grands, parents inclus!

  5. On prend des photos

    On documente notre malchance et on alimente nos réseaux sociaux ! Il y a toujours quelqu’un quelque part pour nous remonter le moral et vous serez surpris de constater la popularité de votre mésaventure !