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Du rêve à la réalité: L'histoire d'une Olympienne Isabelle Rampling

03/08/2016 Emilie Lussier

Qui n’a jamais rêvé de participer aux Jeux olympiques ? Pour moi, c’était en nage synchronisée que je me voyais remporter l’or. Oui, c’est pour un sport méconnu et souvent méprisé que j’ai eu la piqûre.

Ce n’est qu’à l’âge de douze ans que j’ai découvert la synchro. Sport à développement tardif, je le pratique encore aujourd’hui à 35 ans. Sous l’eau, pour un instant, je me sens libre et puissante, comme si je contrôlais cet élément. Quand je manque d’air, mon corps se met en mode panique, j’ai l’impression de mourir, mais, ensuite, quel bonheur de revivre à la première bouffée d’air.

Depuis le 29 juillet le film « PARFAITES », du réalisateur Jérémie Battaglia, est à l’affiche. Un film documentaire qui démontre les réalités inimaginables des nageuses synchronisées dans leur quête de la perfection.

Comme le dit la capitaine de l’équipe canadienne, dans le documentaire, « Je sais que mon corps va physiquement mourir ». Elle a raison; les exigences athlétiques de ce sport sont surhumaines et non sans conséquence. On a parfois l’impression que notre corps ne nous appartient plus.

Et que reste-t-il de ce corps après la gloire olympique ? Tout n’est pas toujours rose. Bien sûr, l’expérience fait grandir, mais elle peut aussi apporter sa part de tourments : deuil, dépression et, dans des cas extrêmes et inimaginables… la prostitution.

Mais aujourd’hui, à l’approche des Jeux olympiques de Rio, c’est une fièvre positive qui m’anime et qui réveille mes vieux rêves. J’ai donc demandé à Isabelle Rampling, ex-olympienne, de nous parler de son expérience.

Je dois vous dire qu’elle a d’abord été une de mes idoles. J’ai aussi eu la chance d’être entraînée par elle, pendant plusieurs années, et la fierté de nager à ses côtés à l’occasion des Championnats du monde maîtres de la FINA, à Montréal, en 2014. Elle est devenue une amie, une confidente et elle a su m’ouvrir les yeux sur cet univers post-olympique. Je lui ai d’abord posé cette question :

EL « Comment vis-tu cette gloire olympique ? »

Isabelle Rampling:

« Étonnamment, pour moi, le moment de gloire de ma carrière d’athlète ne fut pas les Olympiques. Jusqu’à ce jour, le moment le plus mémorable fut certainement ma participation à mon premier championnat du monde, en 2005. Ayant lieu, ici, chez nous, à Montréal, devant une foule partisane composée d’amis, de membres de nos familles et de fans, je pouvais entendre leurs encouragements même sous l’eau, encore plus fort que la musique. Ils me donnaient la force et l’énergie d’utiliser chaque bouffée d’oxygène pour performer au meilleur de moi-même. Un bonheur extrême, le plus beau moment de ma carrière et de ma vie.

Je me remettais tout juste d’un accident majeur, subi lors d’un entraînement, où je m’étais fracturé les deux pieds. J’avais passé plusieurs mois en fauteuil roulant. Grâce aux nombreux encouragements de mes pairs et à ma passion pour ce sport, j’ai réussi à me traîner jusqu’à la piscine pour réapprendre à nager, jour après jour, et cela, même avant que je ne recommence à marcher.

Quelques années plus tard, j’ai eu la chance de réaliser mon rêve de jeune fille en participant aux Jeux olympiques de 2008, à Pékin. Je faisais partie de l’équipe canadienne et j’en étais fière. À ce moment-là, je me sentais prête à relever n’importe quel nouveau défi que la vie mettrait sur mon chemin. J’avais l’expérience, la confiance, les connaissances pour bien prendre soin de moi et rester en santé. J’étais reconnaissante envers mon sport pour m’avoir tant appris, et envers mes parents pour m’avoir, un jour, fait découvrir la nage synchronisée. Mais, croyez-moi, les défis sont arrivés plus vite que je ne l’aurais cru. »

**Dans quelques jours, nous vous présenterons la deuxième partie de cet entretien…Que reste-t-il après la gloire? Comment apprend-on à se rebâtir une vie « normale » ? La réponse est beaucoup plus étonnante que vous le soupçonnez. Croyez-moi !