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Fiasco du passeport : Pourquoi je n'aurai pas le trophée de mère de l'année

22/03/2017 Isabelle Racicot

Le texte que vous allez lire a été écrit conjointement avec mon fils, Christopher. Nous avons vécu une expérience ensemble et je tenais à avoir sa version des faits.

Dimanche 26 février 4 h 30

Isabelle : Départ pour l’aéroport pour nos vacances annuelles, en famille. Tout le monde est excité. Dans quelques heures, nous aurons les fesses dans le sable ! Depuis une semaine, je me couche le soir en regardant les images de notre hôtel et de Sainte-Lucie. J’anticipe avec bonheur ce moment.

Dimanche 26 février 6 h

Isabelle : « Le passeport de Christopher est expiré. Il ne peut pas partir. » Ces quelques mots ont eu l’effet d’une bombe. Impossible, me dis je. Je rêve… ou plutôt, je fais un cauchemar. Comment se peut-il que moi, qui voyage souvent depuis des années, j'aie pu faire un oubli semblable ? Mon mari était tout aussi sous le choc. Non, c’est une farce, on va trouver une solution. J’implore l’agent « SVP, c’est un enfant, le passeport vient d’expirer… donnez-nous un break ! » Mais il n’y a pas de passe-droit quand on parle de passeport. Dans le fond, je le savais, c’est ce qui explique le coup à l’estomac que j’ai eu l’impression de ressentir quand l’agent au comptoir a prononcé ces mots fatidiques.

Christopher : Quand j’ai appris que mon passeport était expiré, j’ai commencé à paniquer. C’était la première fois que cela m’arrivait, donc je me suis mis à pleurer. C’était très dur pour moi de quitter mon père et mon frère. On voyage toujours ensemble !

Isabelle : J’ai regardé le visage de mon fils qui avait les larmes aux yeux et je voulais juste le prendre dans mes bras et lui dire « Je m’excuse, mon amour, c’est de notre faute ». J’ai dit à mon mari que j’allais rester avec Christopher pour régler son passeport et lui ai suggéré qu’il prenne le vol avec notre plus jeune. Moment déchirant pour toute la famille, mais essentiel. On ne peut pas gâcher les vacances de tout le monde. Christopher et moi sommes donc repartis avec nos valises, nos airs bêtes et incrédules. Le silence était lourd dans la voiture sur le chemin du retour. On s’efforçait de faire des blagues, d’en rire, mais nous avions tous les deux le cœur gros.

Christopher : Dans la voiture, j’avais le sentiment que je n’aurais pas de passeport avant deux semaines. Je sentais ma mère stressée et j’essayais de nous remonter le moral en disant « C’est comme si on partait dans le NORD de Sainte-Lucie pour faire une excursion, maman ». En pensant à mon père et mon frère, je voulais qu’ils aient du plaisir et qu’ils ne s’inquiètent pas pour nous.

Dimanche 26 février 13 h

Isabelle : C’est dimanche et aucun bureau des passeports n’est ouvert ! Les 24 heures qui ont suivi furent, vous l’imaginez, stressantes. Remplir les papiers, trouver de nouveaux vols, ne pas savoir combien de temps nous devrions attendre avant d’avoir un autre passeport. Allions-nous être capables de quitter le pays rapidement ou allions nous devoir faire une croix sur nos vacances familiales 2017 ?

Dimanche 26 février 18 h

Christopher : Maman vient de se faire expliquer au téléphone par un agent de Passeport Canada (service d’urgence) que papa doit, de SainteLucie, envoyer une autorisation écrite pour la cosignature de mon passeport avec identification, la faire authentifier par un avocat ou un juge de paix et l’envoyer au Consulat canadien de la Barbade (l’île la plus proche de SainteLucie). J’ai eu peur que ma mère fasse une crise cardiaque et moi aussi. Quand on a rejoint mon père au téléphone, plus tard, il nous a répondu : « Savez-vous qui travaille au Consulat canadien de la Barbade ? (silence… Eh non…) Debbie ! Celle que nous avons hébergée cet été à la maison ! Je l’appelle dès ce soir pour savoir comment procéder. » Ma mère et moi avons ri comme des hystériques. C’est fascinant comme le monde est petit.

Lundi 27 février 10:45 h

Isabelle : Des fois, la vie est drôlement faite. Grâce à cette amie d’enfance de mon mari, il a su exactement quoi faire et a été en mesure d’envoyer les papiers rapidement dès le lendemain matin, au bureau des passeports de Montréal. Pas besoin de vous dire que Christopher et moi sommes arrivés très tôt au Complexe GuyFavreau ! Nous étions prêts à passer la journée dans la salle d’attente s’il le fallait pour obtenir son passeport en moins de 24 heures.

Christopher : Pendant qu’on attendait dans la salle d’attente, maman a acheté de nouveaux billets d’avion : départ le lendemain matin 6 h. Elle disait qu’il fallait provoquer le sort et avoir confiance en la vie. Nous avons eu mon passeport en 60 minutes !

Mardi 28 février 8 h

Christopher : Je suis dans l’avion, en route vers Sainte-Lucie. Maman m’a demandé d’écrire ma version des faits pour son article. Je n’ai jamais été aussi content de prendre l’avion de ma vie !

Mardi 28 février 8 h 30

Isabelle : Nous sommes assis dans l’avion, le sourire aux lèvres. Je repense aux 48 dernières heures. Pas une seule fois Christopher n’a chialé ; pas une seule fois il ne nous a fait sentir responsables, mon mari et moi. Parfois, nous étions assis côte à côte, en silence, espérant retrouver rapidement notre petite famille. D’autres fois, on se créait des moments magiques (souper avec les voisins, dormir dans le même lit, aller au cinéma). Nos vacances seront écourtées, mais nous sommes tellement heureux et reconnaissants de pouvoir retrouver notre petit cocon, et l’espace de quelques jours pour décrocher et profiter les uns des autres.

Si vous vous retrouvez dans la même situation consultez le ici et ici. Au service d’urgence, il faut d'abord téléphoner au centre d'appel du Programme des passeports (1 800 567-6868). Laissez un message, quelqu’un vous rappellera dans l’heure.