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CRAQUER !

24/04/2017 Nathalie Hébert

Je roulais sur Notre-Dame quand c’est arrivé.

Le meeting était commencé depuis quinze minutes. J’étais en retard. Pas par ma faute; à cause du parking.

J’étais partie à reculons, dans le gris “plus gris que gris” du mois d’avril. Ce gris dont même ma lampe de luminothérapie ne venait plus à bout.

Je tournais en rond depuis vingt minutes. À boutte de toute. De la vie, du monde, du traffic, de Montréal, pis des meetings en plein milieu de journée qui me faisaient perdre mon temps.

J’étais en train de pogner les nerfs. Solide.

J’ai cherché encore. J’ai téléphoné au resto pour dire que ça faisait longtemps que j’étais arrivée. Que j’étais là. En avant. Mais qu’il n’y avait pas de stationnement.

J’ai refait le tour du quartier plusieurs fois, en débordant à l’est et à l’ouest. J’ai même fermé la radio pour mieux chercher.

Y en avait pas. De. Parking. Pas un esti.

J’ai senti la rage monter. C’était fort. C’était démesuré.

Et c’est là, dans ma voiture, sur la rue Notre-Dame, en plein Griffintown, que j’ai CRAQUÉ. En mille miettes. Comme le premier petit oeuf que tu casses su’l bord de la poêle à 4 ans avec ta mère. Quand la coquille se brise en mille dans ta petite main et que tout ce qui est dedans se répand partout dans la poêle, sur le comptoir et sur le plancher sans que tu n’y puisses rien. C’était trop.

J’ai hurlé que c’était TROP. Que tout était TROP. Les enfants. Le chien. La job. La maison. Le ménage. Le lavage. Mes amis pis mon couple. Tout y a passé. J’en pouvais plus de prendre soin de tout le monde et que jamais personne ne prenne soin de moi.

J’ai crié encore. Pis j’ai braillé, fort. En répétant que j’étais fatiguée. Que j’étais tannée pis que c’était ASSEZ.

J’ai braillé longtemps. À en avoir du mascara d’un bout à l’autre de la face à force de m’essuyer les yeux avec rage.

Quand j’ai eu fini, je me suis regardée dans le miroir. Y avait rien à faire. J’étais pu montrable.

J’ai appelé au bureau et j’ai dit que c’était terminé. J’ai fermé mon cellulaire. Désactivé mes comptes courriels. Et j’ai conduit, en braillant ma vie, jusque chez nous, sur la rive-sud. Là où il y a du stationnement pour tout le monde.