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Motivation du lundi : Isabelle Laflèche, de conseillère juridique à écrivaine

07/05/2017 Jennifer Braun

Les femmes à travers le Canada font leur place dans le monde du travail tout en continuant de profiter de la vie. « Motivation du lundi : Comment fait-elle? » est une série d’articles sur des femmes remarquables qui travaillent dans divers domaines et qui réussissent à trouver un équilibre entre le travail et la vie personnelle. Il s’agit certainement d’un grand défi de notre génération! Pour cet épisode, nous avons discuté avec Isabelle Laflèche — écrivaine pigiste et auteure de romans populaires appartenant au genre de la chick lit comme J’adore New York, J’adore Paris et plus récemment, J’adore Rome. Isabelle est passée de conseillère juridique à écrivaine réputée suite à une rencontre fortuite avec une voyante dans les rues de New York. Lisez la suite pour connaitre son histoire.

Pouvez-vous nous décrire ce que vous faites en quelques mots?

Je suis avant tout auteure et écrivaine. J’écris surtout des romans, en particulier une série de romans. Je travaille aussi comme auteure pigiste et j’offre des conférences pour inspirer les gens et les aider à trouver leur voie. La semaine dernière, j’ai également lancé un blogue, Soulful Couture, qui parlera de mode écologique et d’écobeauté (des sujets qui me passionnent), mais aussi de sujets spirituels liés à l’évolution que j’ai moi-même expérimentée dans ma vie personnelle.

Votre carrière d’écrivaine est arrivée assez tard dans votre vie. Comment êtes-vous devenue écrivaine?

C’est arrivé par une rencontre surprenante et inattendue. Dans mon ancienne vie, j’habitais à New York, où j’ai travaillé comme conseillère juridique auprès des entreprises pendant dix ans. Même si j’écrivais énormément pour des raisons professionnelles, mon écriture n’avait rien de créatif. Mon travail me laissait de plus en plus insatisfaite. L’appel des arts se faisait entendre de plus en plus fort, mais je ne savais pas par où commencer. Ces pensées et ces rêves ont atteint un sommet quand j’ai rencontré par hasard une voyante dans une rue de New York. Elle m’a littéralement arrêtée sur le côté de la rue et m’a dit qu’elle avait un message à me transmettre. Sa présence me rendait craintive et me faisait ressentir quelques appréhensions… mais quand cette voyante m’a dit qu’elle devait me parler de ma carrière, elle a vraiment éveillé ma curiosité. Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais je l’ai suivie jusque chez elle, au milieu de New York. Elle a sorti sa boule de cristal et tout son attirail. Elle m’a dit : « Je ne comprends pas ton cheminement professionnel, parce que sincèrement, tu es une artiste et tu aurais dû devenir une écrivaine. Tu étais censée écrire un livre il y a cinq ans, et ce livre devait être publié partout autour du monde. C’est ton destin ». Ça m’a un peu perturbée et laissée perplexe (rires). Ça m’a pris six mois pour réfléchir à tout ça, mais au bout du compte, j’ai remis ma démission et je suis retournée vivre à Montréal. J’ai décidé de suivre des cours de création littéraire à l’Université Concordia pour le plaisir, et aussi pour voir si ce domaine m’interpelait. J’ai traversé une période de transformation, pendant laquelle j’ai pu découvrir qui j’étais réellement. J’ai reçu des rétroactions vraiment positives de la part de mon groupe et de mon professeur, et cela m’a donné confiance pour démarrer mon projet, qui a éventuellement abouti en publication.

C’est fou! À ce moment-ci, à quoi ressemble une journée typique pour vous à partir du moment où vous vous réveillez?

J’ai commencé à faire du yoga et de la méditation de façon régulière. Le yoga et la méditation m’ont profondément aidée à écrire. Quand je fais du yoga, je me sens beaucoup plus créative, mon esprit est calme et je me trouve dans un espace plus créatif. J’essaie de méditer dès mon réveil, et au moins trois fois par semaine, je suis un cours de yoga. Puis, je peux me mettre à l’écriture. Mon horaire d’écriture varie. Si je suis en pleine écriture d’un livre, j’essaie d’écrire au moins 1000 à 2000 mots par jour. Si j’ai déjà écrit quelque chose, alors il se peut que je révise mon travail, tout dépend de l’étape où je me trouve dans mon processus d’écriture. Je travaille aussi comme pigiste pour quelques entreprises à Montréal et j’adore cela, parce que ça m’apporte un équilibre dans mon travail. Écrire un livre me prend beaucoup de temps, alors accomplir des tâches comme pigiste me permet de terminer un projet dans un délai plus court. Cela m’apporte de la valorisation sans que j’aie à attendre une année. J’ai aussi un chien et je vais le promener. Je prends des pauses parce que c’est important de bouger de ma chaise, et respirer de l’air frais m’aide aussi à trouver des idées fraîches (rires).

Qu’est-ce que votre carrière en droit vous a enseigné par rapport à l’équilibre entre le travail et la vie?

En y repensant, je ne pense pas que je savais ce qu’était l’équilibre à cette époque. J’étais vraiment accroc au café et au sucre, ce qui a grugé ma santé. Je pense que mon corps essayait de me faire comprendre quelque chose, mais je n’y portais pas attention. Je n’avais pas le temps de m’en préoccuper. J’étais trop occupée à accumuler les heures de travail dans mon ancienne vie (rires). Donc aujourd’hui, j’ai laissé tomber le café, ce qui est un énorme changement pour moi puisque je buvais quatre ou cinq tasses de café par jour. J’ai remplacé le café par les tisanes et j’ai atteint un bien meilleur équilibre. J’ai aussi essayé de diminuer le sucre. Je prends plus de pauses, alors qu’avant, je n’aurais jamais pensé à quitter mon bureau pour aller promener mon chien au milieu de l’après-midi. Aujourd’hui, je vis une existence plus équilibrée.

Êtes-vous confrontée à d’autres défis en tant qu’auteure et écrivaine?

Oh! Oui! Il y en a plusieurs. Le premier, c’est la peur : la peur que ce que j’écris ne soit pas assez bon ou assez amusant ou assez intéressant. Quand on passe une année à écrire un texte de fiction sans obtenir des commentaires sincères, c’est un peu effrayant. Je me heurte aussi à une certaine résistance tous les jours quand je regarde fixement la page blanche, me demandant si j’aurai de bonnes idées. Ensuite, je dois aussi essayer de faire paraître ce que j’écris et rester à jour et pertinente. Ça devient presque une petite entreprise. On doit penser en termes de marketing, de créativité, et il y a aussi les aspects financiers et la compétition à prendre en considération. Comme dans toutes les entreprises, je dois faire face à plusieurs problématiques sur une base quotidienne.

Comment surmontez-vous ces défis?

Le yoga et la méditation aident vraiment à apaiser mes peurs, tout comme le fait de me promener avec mon chien. C’est aussi utile de collaborer, de communiquer et de faire partie d’une communauté d’écrivains. Plusieurs de mes amis sont écrivains, donc nous nous rencontrons souvent, que ce soit lors des salons du livre ou juste pour prendre un café. Parler de ces choses me fait du bien. Je fais aussi partie de groupes Facebook et de groupes d’écrivains en ligne. Ces groupes publient des articles et des billets par rapport à ces questions, ce qui est utile. Je lis aussi une quantité astronomique de livres concernant l’écriture et la vie d’écrivain. Un de mes meilleurs outils est un livre de Steven Pressfield intitulé La guerre de l’art (The War of Art, en version originale). Je le garde sur mon bureau; c’est un tout petit livre, mais qui a beaucoup de pouvoir sur moi. Et à l’occasion, je le feuillette et je m’arrête sur une page qui parle souvent des peurs et de la résistance que je ressens.

Comment aimez-vous vous détendre?

En plus de faire du yoga, j’adore me promener dans la nature et passer du temps avec des amis. J’aime lire, aller voir des films et regarder des séries télévisées. J’aime aussi voyager, mais je ne l’ai pas fait beaucoup dernièrement (rires).

Choisissez : vin ou cocktails? Pourquoi?

Je dois choisir le vin, mais je bois de moins en moins. J’adore une bonne tasse de thé chai, c’est mon truc.

Quel est le meilleur conseil que vous avez déjà reçu?

Eh bien, à part les conseils de la voyante qui m’a convaincue d’écrire (rires), je pense que de ne pas avoir peur de briller est un excellent conseil. On a tendance à craindre son propre pouvoir. Je vais paraphraser une citation de Marianne Wilson que j’adore : notre plus grande peur n’est pas de ne pas être capable de faire certaines choses. Notre plus grande peur est que notre puissance est illimitée. Je pense que si j’aime autant cette citation, c’est parce qu’elle me ramène à mes propres peurs. En cachant nos forces et nos talents, on ne fait de faveur à personne. On devrait tous briller sans gêne et autant qu’on le peut, parce que d’une certaine façon, ça donne le droit aux autres de le faire aussi.

Comment définissez-vous le succès?

Nous vivons dans une période tumultueuse et il m’apparaît évident que la définition du succès a évolué. Il ne s’agit pas d’un titre, ce n’est pas une question d’argent ou de puissance financière. Il est plutôt question de vivre dans la joie. Vivre une existence à laquelle on donne un sens et être profondément heureux de créer de la beauté dans le monde, je pense que c’est ça, la définition du succès.

Connaissez-vous quelqu’un que nous devrions interroger dans cette série? Envoyez un courriel à [email protected]

Cet article a été édité et condensé afin de le clarifier.

Traduit par Nathalie Courcy