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Pas toujours glorieux la vie après les Olympiques

22/08/2016 Emilie Lussier

Cette grande fête olympique à Rio, s’est terminée dimanche avec la cérémonie de clôture des XXXIe Olympiade de l'ère moderne. Pour moi, il était temps que ça se termine; deux semaines « scotchée » à mon téléviseur : mauvais pour ma ligne ! Mais pour tous ces athlètes, gagnants ou perdants, dont il est fort possible qu’on n’en entende plus parler, comment cela se passe-t-il ?

Pour faire suite à l’article précédent des jeux, j’ai une fois de plus fait appel à mon amie Isabelle Rampling, olympienne en nage synchronisée aux jeux de Pékin en 2008. C’est avec sensibilité et émotion qu’elle a répondu à cette question :

Comment un athlète reprend-il une vie normale après une participation aux Jeux olympiques ?

Quand la flamme olympique s’éteint, c’est aussi l’étincelle, dans les yeux de chaque athlète, qui vacille. On se fait remercier pour avoir représenté le pays, et on espère le meilleur pour la suite. Mais, rapidement, on perd nos repères, on se retrouve face à la solitude. Plus de coach, plus de régimes, plus de discipline, plus de gloire : seulement un immense vide. Sans cette structure rigide, on a l’impression que les murs s’écroulent autour de nous. Ces murs, on le réalise, étaient sécurisants. Maintenant, on peut et on doit faire des choix; c’est terrorisant !

Mes rêves d’enfance réalisés ne m’ont cependant laissé aucune satisfaction à cause du résultat : loin de la plus haute marche du podium. Le vide ainsi créé ne demandait qu'à être comblé avec d'autres défis. On cherche une façon de retrouver des sensations fortes dans une vie normale. Mais, c’est quoi une vie normale ? Est-ce que quelqu’un peut m’aider ? 

Ne plus me lever le matin pour aller à la piscine a été dévastateur pour moi. J’ai tenté de résister en prenant une autre voie et en offrant des spectacles privés à qui voudrait bien payer. Je le faisais sans joie, seulement pour gagner ma vie. Mais je me suis fâchée contre cette vie ! Le monde du spectacle, du showbiz et de ces "petites fêtes" d’après minuit n’était pas pour moi.

Alors que certains athlètes souffrent de la maladie silencieuse de la dépression post carrière et que certains en arrivent même jusqu’à s’enlever la vie, moi, j’ai sombré dans la prostitution de l’âme.

Je ne voulais pas être reconnue ou appréciée seulement pour ce que j’avais accompli, mais pour ce que je savais faire maintenant. Mais quand tu as passé ta vie à être jugée en fonction de la perfection, tu cherches forcément à plaire au regard des autres et à répondre à leurs attentes. 

Je ne peux pas dire que j’ai réussi ma retraite d’athlète olympique. Je fais partie de ceux et celles qui n’acceptent pas que leur carrière soit finie. Je ne suis pas prête à passer à autre chose, j’ai encore cette passion qui m’anime et ce désir de repousser les limites de mon corps.

En attendant de trouver la réponse ou le mode d’emploi, j’ai décidé de replonger dans la course à la gloire et à la perfection. Je fais un retour, je veux relever de nouveaux défis : participer aux prochains championnats du monde… en duo mixte. Eh oui, vous avez bien lu, des gars en nage synchronisée ! C’est avec mon partenaire de nage Robert Prévost que je compte retourner à l’eau et participer aux prochains championnats du monde à Budapest en 2017.

Et cette fois-ci, je compte mieux préparer ma sortie…

Allez, que le meilleur gagne !